LA FONTAINE DE JOUVENCE 

Il est une source mystérieuse qui jaillit au ras de la route qui mène de Montrésor à Chemillé. Belle, abondante, son eau claire gagne en trois bonds l’Indrois. Une rumeur laissait entendre qu’y tremper son doigt permettait de rajeunir...

La nouvelle arriva aux oreilles d’un vieux paysan. Celui-ci dit à sa femme :«Je m’en vais à la Fontaine y tremper le petit bout d'un doigt».            *

Rendu à la source, prudent, il fit ce qu’il avait dit : il trempa le bout de son petit doigt puis il se releva et lentement toucha son visage : «Oh ! Miracle, son visage était plus lisse que les fesses d’un bébé !»

Ravi du résultat, il y trempe l’annulaire : envolées ses vieilles douleurs Il y plonge le majeur, il retrouve sa jeunesse.   *

Avec frénésie, il glisse l’index, le revoilà gamin.

Par un amusement de drôle et dans un grand éclat de rire, il met le pouce et patatras le voilà bébé "braillant" sa mère.     *

Quelle histoire ! Le bonhomme était bien exaucé, mais la bonne femme, elle, se retrouva avec un bébé dans les bras et pour une vieille, n’était-ce pas là le vrai miracle ?! Alors ! Si vous êtes en mal de jeunesse, allez tremper le bout de votre petit doigt à la fontaine Barratault.
 

 LA GROTTE AUX FÉES

Dans un val d’Orbigny, on voit près d’un ruisseau, Sur le pied du coteau, un refuge enfoui

D’où s’échappent la nuit des enchanteresses

Qui vont dans le pays faire leurs prouesses :

Elever des dolmens tel celui près d'Hys,

Ramener à la vie des âmes en peine,

Ou garder la motte tout près de Villeloin. Quelquefois elles trottent vers un arbre voisin, Mais toujours reviennent dessous les frondaisons Pour gagner leur maison. C’est bien avec peine Que l’on peut découvrir où vivent ces êtres.

Il faudra poursuivre un routin champêtre.

Blotti sous le rocher, on verra par hasard

Un petit trou caché, abrité des regards.

Un couloir s’avance sous le jaune tuffeau

Vers un petit caveau où les belles dansent.

Vous voilà révélée la petite crique,

Cet antre magique qu’est la grotte aux fées

Voici quelques contes et légendes, pour une petite promenade fabuleuse.....

LE FROMAGE DE CHEVRE
 

Au commencement, à l'heure où le tout puissant créait le monde, Dieu avant de terminer son œuvre se dit : « Après les déserts d'Afrique, les glaces des pôles et les âpres montagnes d'Asie, il faut que je crée un havre de paix, une petite province qui puisse rappeler aux hommes le paradis ». Il créa la Touraine. De ses mains de divin, il façonna de petits vallons pour adoucir l'horizon, offrant des coteaux ensoleillés pour la vigne et des creux, frais refuges pour les caves. D'un souffle, il fit le doux climat et d'un revers de main jeta mille graines pour ensemencer la terre de fruits et de légumes : le jardin de la France était né.

Le Bon Dieu y mis tant d'ardeur qu'il versa milles gouttes de sueur dans la province voisine. Les mille étangs de la Brenne témoignent encore de cette suée divine. Le travail terminé, le seigneur vint s'asseoir sur le massif central pour contempler son œuvre. C'est alors qu'une dernière goutte de sueur perla sur son front, elle roula sur son visage, elle tomba sur le Mont Gerbier de Jonc, dévala les pentes de la montagne et vint traverser la Touraine : la Loire était née.

Mais oh malheur ! Le Bon Dieu de son divin arrière train venait d'écraser : les volcans d'Auvergne. Le diable qui vit dans ces antres de feu fut réveillé, il voulut mettre son grain de sable à la noble entreprise. Alors, le mauvais façonna une bête à son image : cornue, poilue, avec le pied fendu, un animal qui pu et qui dévore tout... Il créa la chèvre et la jeta sur la Touraine.

Les chèvres ravagèrent la province, les tourangeaux vinrent se plaindre auprès de Dieu : « Y' a une bête du diable qui mange toutes nos cultures ! ». Dieu pour corriger ce fléau donna aux chèvres des mamelles. Les paysans du pays confectionnèrent avec le lait de chèvre des fromages blancs comme les nuages et brillants comme la rosée. Le diable courroucé par l'initiative prit une poignée de cendres de ses enfers qu'il jeta sur les fromages pour les gâter.

Les tourangeaux ont goutté les fromages cendrés, ils les ont trouvés si savoureux qu'ils se sont mis eux même à les cendrer. Alors, dans un dernier sursaut de colère, Satan descendit sur terre. Arrivant à Valençay, il vit un fromage en forme de pyramide et le décapita. Le sommet de la pyramide vint s'écraser à Selles sur Cher où l'on fit des restes un petit crottin.

A Sainte Maure, le diable trouva un fromage en forme de bûche, il le brisa en deux. Les tourangeaux interpellèrent les cieux : « Le diable a brisé notre fromage de chèvre ! ». Alors Dieu pour réparer ce méfait envoya un épi de blé avec ce commandement « Dans le fromage la paille tu glisseras, ainsi du malin tu triompheras !». Comme il leur restait les graines de l'épi, les tourangeaux firent une dernière requête au tout puissant : « Qu'au qu'on peut faire des graines ? ». Le seigneur répondit : « Des graines tu feras la farine, de la farine tu feras le pain et sur le pain tu mettras le fromage de chèvre! ».

Depuis ce jour, et ce combat entre le Bon Dieu et le diable, on sait en Touraine que le fromage de chèvre est une création du Bon Dieu qui est diablement bonne.

 

 

Textes: F.Gaultier

 

 

 

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